English
LGGE

Accueil du site > Actualités scientifiques > Archive des actualités scientifiques > Antarctique : un glacier côtier engagé dans un recul irréversible




Rechercher

OSUG - Terre Univers Environnement OSUG

Antarctique : un glacier côtier engagé dans un recul irréversible

par KRINNER Gerhard - 12 janvier 2014 - ( maj : 10 janvier 2014 )

Le glacier de l’île du Pin est le glacier d’Antarctique qui contribue le plus à l’élévation du niveau des mers. Une équipe internationale de chercheurs conduite par le Laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement (LGGE, CNRS/UJF) a démontré que cette contribution pourrait tripler voire quintupler dans les vingt prochaines années. Les scientifiques ont également mis en évidence que ce glacier était en train de reculer de manière irréversible et qu’il lui serait selon toute vraisemblance impossible de revenir à son état initial. Leurs travaux sont publiés le 12 janvier 2014 sur le site de la revue Nature Climate Change.

Depuis maintenant une vingtaine d’années, l’Antarctique de l’Ouest contribue de manière significative à l’élévation du niveau des mers contrairement à la partie est de l’Antarctique qui reste à l’équilibre pour l’instant (c’est-à-dire que la quantité de glace perdue équivaut à celle de neige alimentant les glaciers). Le glacier de l’île du Pin, situé dans la partie ouest de l’Antarctique, est le plus important contributeur à cette élévation : il représente à lui seul près de 25 % de la contribution de l’Antarctique de l’Ouest. Il a reculé d’une dizaine de kilomètres depuis les années 2000 et tend à s’amincir de plus en plus.

Carte de la vitesse d’écoulement de la glace du glacier de l’Ile du Pin en Antarctique (en m/an), indiquant la localisation de la zone d’étude en Antarctique.

Ce glacier côtier fait donc l’objet d’une attention particulière. L’équipe internationale portée par le LGGE (CNRS / UJF) l’a étudié avec minutie afin de mieux cerner son évolution future : son retrait est-il ponctuel ? régulier ? Pour répondre à ces questions, les scientifiques se sont appuyés sur trois modèles de dernière génération d’écoulement de la glace au sein des calottes polaires. Résultat : l’ensemble des trois modèles montre que le glacier est vraisemblablement engagé dans une instabilité et va poursuivre son retrait sur au moins une quarantaine de kilomètres au cours des cinquante prochaines années. La perte de masse associée à ce recul irréversible devrait augmenter significativement, passant de la valeur moyenne de 20 gigatonnes par an observée pendant la période 1992-2011, jusqu’à 120 gigatonnes par an au cours des cinquante années modélisées. Ainsi, sa contribution annuelle à l’élévation du niveau des mers pourrait tripler voire quintupler dans un proche futur. Cette perte participerait à une augmentation du niveau des mers comprise entre 3,5 et 10 mm pour ce seul glacier dans les vingt prochaines années.

Retrait du glacier de l’île du Pin tel que simulé par le modèle Elmer/Ice développé et utilisé au LGGE. La ligne bleue correspond à la ligne d’échouage telle que simulée par le modèle est représentative de la fin des années 1990. La ligne rouge correspond à la position modélisée en 2025. La ligne d’échouage marque la limite entre la partie du glacier reposant sur le continent et son extension avale qui flotte sur l’océan et contribue alors à l’élévation du niveau des mers. Image Modis, National Snow and Ice Data Center, Université du Colorado, Boulder, US.

Contact chercheur : Gaël Durand, chercheur CNRS au Laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement (CNRS/UJF) T. 04 76 82 42 84 gael.durand@lgge.obs.ujf-grenoble.fr

Modèle développé et utilisé au LGGE : Elmer/Ice

Références de l’article : L. Favier, G. Durand, S. L. Cornford, G. H. Gudmundsson, O. Gagliardini, F. Gillet-Chaulet, T. Zwinger, A. J. Payne and A. M. Le Brocq : Retreat of Pine Island Glacier controlled by marine ice-sheet instability. Nature Climate Change, 12 janvier 2014.

Dans la même rubrique :

Sous la tutelle de :

Sous la tutelle de :

tutellesCNRSUniversité Joseph Fourier