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Quelques réflexions sur l’avis des Académies Nationales concernant la publication de Séralini et al. sur la toxicité d’un OGM

par KRINNER Gerhard - 26 octobre 2012 - ( maj : 26 octobre 2012 )

Les Académies nationales ont jugé utile de donner un avis sur cette publication et ses conséquences. Elles estiment, dans leur préambule, inutile d’organiser en leur sein une expertise approfondie de l’article en question, puisque ce rôle a été confié à des agences et institutions spécialisées disposant des expertises nécessaires. Cependant les Académies décident de mettre en cause immédiatement divers aspects scientifiques et déontologiques. Soit, mais pourquoi ne pas attendre les avis des institutions compétentes, surtout lorsqu’elles attirent l’attention sur les « lacunes » de l’article en cause (point 1) ?

Dans un deuxième point l’avis des Académies porte sur les conséquences de l’article sur la société. Elles estiment qu’il y a eu une faute grave de la part du chercheur et de son équipe à répandre auprès du grand public des peurs ne reposant sur aucune conclusion établie. Là aussi on aurait aimer que les Académies aient attendu les rapports d’experts. Sur ce point l’avis des Académies peut apparaître comme un jugement relativement peu fondé sur des bases clairement établies. L’usage de certains termes comme « catastrophiste » ou encore « délétère » peut aussi étonner sous des plumes académiciennes, dans la mesure où l’idée sous-jacente est peu développée.

La troisième partie de l’avis traite des aspects déontologiques et éthiques. Ainsi, on lit que les auteurs ont organisé une opération de communication de grande ampleur autour de leurs travaux et cela semblerait motivé plus par des considérations idéologiques que par la qualité ou la pertinence des données obtenues. Il s’agit là d’un sujet complexe qui aborde les limites au niveau de la déontologie et de l’éthique entre expertise, conscience et publicité. Peut-être serait-il souhaitable d’avoir une réflexion globale du sujet plutôt que de partir de cet exemple qui reste à éclaircir. Encore là on peut s’étonner de la rapidité avec laquelle l’avis des Académies est diffusée. Après tout n’existe-t-il pas aussi, et pourquoi pas y compris au sein des Académies, des problèmes semblables dont l’empressement à en débattre est moins vif ? Un autre point est abordé, celui du devoir d’un scientifique d’alerter les plus hautes autorités du pays (en l’occurrence sanitaires) sur les graves dangers que font courir certains résultats / découvertes. Le sujet n’est pas si simple et nécessite la prise de conscience de nombreux éléments (rôle des mafias,…).

Le quatrième volet concerne les interrogations sur la revue qui a accepté le papier. Les Académies critiquent la revue, qui est une revue internationale à comité de lecture, d’avoir accepté « un article aussi faible scientifiquement ». Il semble que cette critique doit d’abord être adressé à la revue elle même et aux rapporteurs de l’article en question, en leur accordant un droit de réponse préalable. Peut-être cela a-t-il été fait ?

Enfin l’avis apparaissant comme résultant d’un consensus entre les membres de toutes les Académies,il serait intéressant de voir listés les signataires de l’avis.

Dominique Raynaud, Grenoble, le 19 /10/2012